Dans un avis publié le 17 septembre, le Comité d’alerte sur l’ONDAM estime que «les mesures d’économies annoncées, fin juin, par la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, «contribueront à prévenir une dégradation supplémentaire du solde des régimes de base de Sécurité sociale (Fonds de solidarité vieillesse) projeté à 21,9Mds€ en 2025 contre 15,3Mds€ en 2024 (lire KPS du 26 juin 2025).
Ces mesures dont l’impact total était estimé à 1,7Md€ se décomposaient en plusieurs blocs. D’une part, le report du 1er juillet 2025 au 1er janvier 2026 de revalorisations conventionnelles d’honoraires de plusieurs professions médicales (chirurgiens-dentistes, spécialistes) et paramédicales (kinés) va effectivement permettre d’économiser 150M€ de remboursement de consultations en 2025, observe le Comité d’alerte. De son côté, la signature de la convention-cadre des transports sanitaires en taxi devrait vraisemblablement diminuer les prises en charge de 30M€.
De même, l’ambition de réaliser 550M€ de baisses de prix sur les médicaments lui paraît « vraisemblable», dans la mesure où en cas d’échec des négociations conventionnelles engagées avec le secteur, « ces baisses de prix entreraient en vigueur au 1er octobre par des décisions unilatérales».
Le Comité d’alerte estime, en revanche, plus incertaine l’effectivité des mesures destinées à renforcer la lutte contre la fraude et censées dégager 900M€ d’économies au total. Qu’il s’agisse de l’intensification des actions de régulation des arrêts de travail (440M€), de maîtrise de l’usage de produits de santé et de transport (90M€).
Le Comité a également écarté 240M€ d’économies liées à la maîtrise médicalisée de dépenses présentées par la ministre du Travail et de la Santé mais dont la réalisation est jugée très improbable.
Reste le sujet des 770M€ d’annulations de dotations budgétaires destinées aux établissements de santé et médico-sociaux. Si ces dernières ont bel et bien été annoncées, elles doivent encore être inscrites dans la partie rectificative de l’ONDAM 2025 du PLFSS pour 2026.
Dans l’hypothèse où l’ensemble de ces 1,5Md€ d’économies se réalisait, cela pourrait toutefois ne pas suffire à «prévenir une rectification à la hausse du montant global de l’Ondam 2025» au vu des « points de fuite majeurs» que constituent les déficits des établissements hospitaliers ou encore de la difficulté à maîtriser l’évolution des soins de ville.