Le CTIP se transforme en Fédération des institutions paritaires de protection sociale

Publié le 23 janvier 2026


Créé en 1986 à l’initiative d’une vingtaine d’institutions de prévoyance (IP), le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) s’est officiellement transformé, le 22 janvier 2026, en Fédération des institutions paritaires de protection sociale (FIPS).

«Ce changement traduit la volonté des partenaires sociaux de conjuguer l’héritage du paritarisme avec les enjeux à venir de la protection sociale complémentaire», précise le communiqué de presse publié à cette occasion. S’inscrivant en droite ligne de l’ANI du 18 février 2025 relatif à la gouvernance des groupes de protection sociale (lire KPS du 1er avril 2025), cette transformation traduit le souhait de ses signataires de réaffirmer la double légitimité de la nouvelle fédération en tant que porte-parole des 2 millions d’entreprise et de ses 14 millions de salariés et représentante de toutes les institutions paritaires de la protection sociale complémentaire.

Car «ce changement entérine aussi l’extension des missions des institutions qui, au-delà de leur champ d’intervention historique sur la prévoyance lourde, interviennent désormais aussi dans les domaines de la complémentaire santé, de la retraite et de l’épargne», a rappelé Jacques Creyssel, président (Medef) du conseil d’administration. «Afin de décliner concrètement les orientations fixées par les partenaires sociaux, de nouveaux statuts seront adoptés en 2026 par les groupes de protection sociale», précise le communiqué.

Quant à la nouvelle feuille de route de la fédération, elle sera fondée sur 3 piliers, a repris son président : «le dialogue» avec l’ensemble des parties prenantes et notamment avec les pouvoirs publics ; l’affirmation de la «liberté contractuelle» pour tordre le cou aux idées de Grande Sécu, de bouclier sanitaire et autre répartition 80/20 entre l’Assurance maladie et les complémentaires santé ; «la recherche d’efficience du système de protection sociale» où il y a, selon lui, «des marges considérables d’efficacité collective à aller chercher».

Concernant la mise en œuvre de la taxation des OCAM et du gel des tarifs qui l’accompagne, Jacques Creyssel s’est fait encore plus tranchant : « La proposition consistant à récupérer des augmentations excessives que nous aurions faites pour soit -disant compenser des transferts de charges qui n’ont finalement pas eu lieu est totalement saugrenue. Car si tel était le cas, et cela ne l’est pas, il conviendrait de redonner l’argent à ceux qui l’ont payé, mais pas à l’Etat». De la même façon, le gel des tarifs des contrats de complémentaire santé est «totalement contraire à toutes les règles de droit constitutionnel et européen», a souligné le président (Medef) : «On n’a pas le droit de faire des mesures rétroactives» sachant que les augmentations tarifaires ont été publiées avant la promulgation de la loi, ni de «remettre en cause par la loi les accords sociaux» en application desquels ces augmentations avaient été appliquées. «Pour nous, les choses sont claires, ce n’est pas applicable», a conclut Jacques Creyssel.

De son côté, le vice-président (FO) de la FIPS, Alain Gautron, a insisté sur l’importance de «gagner la bataille» du vote du projet de loi de lutte contre la fraude en invitant les secrétaires généraux des fédérations syndicales et patronales à se mobiliser afin de donner aux organismes complémentaires la capacité d’agir contre les fraudeurs (lire KPS du 19 décembre 2025).  

Au-delà de ces sujets d’actualité chaude, les partenaires sociaux vont engager des réflexions de fond sur l’avenir de la protection sociale, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Ces travaux s’inscrivent dans une réflexion de long terme et doivent aboutir à des propositions visant à renforcer la soutenabilité de notre modèle de protection sociale et l’efficience du système de soins. « Nous devons être de plus en plus présents dans le débat public pour faire entendre notre voix singulière et promouvoir un système qui préserve la liberté des acteurs, le dialogue social et l’efficacité collective », affirme Jacques Creyssel, président de la FIPS.