L’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (UNOCAM) a rendu, le 5 février 2026, son avis sur le projet d’arrêté établissant les règles transversales des parcours coordonnés renforcés (PCR) intégrant le cahier des charges du PCR Obésité complexe de l’adulte voué à être cofinancé par les assureurs maladie complémentaires (AMC).
Initiés depuis 2018, ces parcours qui ont été transcrits dans la législation via la LFSS pour 2024 (lire KPS du 4 octobre 2023), reposent sur la prise innovante de patients par une équipe coordonnée de professionnels de santé, rémunérés sur une base forfaitaire. Cette équipe socle pourra également faire appel, si l’état de santé du patient éligible à ces PCR l’exige, à d’autres acteurs issus de la sphère médico-sociale, tels que des psychologues, des nutritionnistes ou encore des spécialistes de l’activité physique adaptée.
Ce texte parachève le cadre juridique de ces PCR en établissant des règles transversales applicables à l’ensemble des six PCR définis dans la loi, dont deux ont vocation à être cofinancés par les AMC : l’obésité complexe chez l’adulte et les addictions. Le texte fixe ainsi le cahier des charges que devront respecter les structures coordinatrices pour être labellisées par les agences régionales de santé ; les critères d’éligibilité des patients à ces PCR ; la tarification, les modalités de remboursement de ces forfaits sur la durée des parcours et la façon dont chaque acteur intervenant sera rémunéré.
Ainsi, 4 profils de patients éligibles au PCR Obésité complexe ont été définis en fonction des troubles associés (limitation à la pratique autonome de l’activité physique, troubles du comportement alimentaire). Des parcours de prise en charge d’une durée non renouvelable de deux ans, sont associés à chaque profil, dont le tarif global, majoré de 20% outre-mer, varie de 1126€ à 1769€, suivant le nombre et la qualité des professionnels de santé intervenants concernés. Ce tarif intègre un ticket modérateur de 40% à la charge des complémentaires dans le cadre du contrat responsable pour ces PCR Obésité complexe, sachant que 70% des patients éligibles à ces parcours ne sont pas pris en charge au titre d’une affection de longue durée. Les pouvoirs publics escomptent 3000 patients éligibles en 2025 et 12000 en 2026 tandis que le nombre de structures coordinatrices labellisées devrait passer de 5 en 2025 à 20 en 2026. Toutefois, le potentiel de patients éligibles est immense, sachant que 2 à 3 millions de personnes sont susceptibles de répondre aux critères de l’obésité complexe.
Dans son avis, l’Unocam insiste sur la nécessité d’avoir un suivi et une évaluation de ces nouveaux dispositifs en en mesurant les effets sur la durée tant du point de vue de l’observance des accompagnements proposés, de la qualité de vie et de la prévention des rechutes. Elle insiste aussi sur la responsabilisation accrue de tous les acteurs de ces parcours, à commencer par celle des bénéficiaires eux-mêmes afin de limiter les risques d’abandon notamment. L’Unocam en profite pour demander à être partie prenante du dispositif de pilotage.
S’agissant du parcours Obésité complexe, l’Unocam estime indispensable d’articuler ce parcours avec les traitements médicamenteux coupe-faim existants ou à venir tels que le Wegovy® ou le Mounjaro®, susceptibles d’être prescrits.
Dans l’attente de précisions et d’une modification concernant les modalités de facturation en tiers payant, l’Unocam a pris acte de ce projet d’arrêté.