La Dares a publié, le 2 avril 2026, une étude sur les emplois conduisant à acquérir des points sur le compte professionnel de prévention (C2P) destiné aux salariés exposés à certains facteurs de pénibilité ergonomiques.
En 2023, 813 000 personnes, soit 2,8% des emplois salariés, ont acquis des points sur leur C2P, alors que d’après l’enquête sur la surveillance médicale des expositions de salariés aux risques professionnels, 9% des emplois sont potentiellement concernés par l’un des facteurs de risque ergonomiques retenus : le bruit, les températures extrêmes, le travail de nuit, répétitif ou en équipes successives.
Les femmes recueillent moins souvent des points que hommes : c’est le cas pour 1,5 % des emplois qu’elles occupent, contre 3,9 % pour ceux des hommes. Sans surprise, les écarts sont également très prononcés selon le secteur d’activité : ainsi 9,4% de ceux de l’industrie donnent lieu à l’acquisition de points contre seulement 2% dans le tertiaire et moins de 1% dans la construction et l’agriculture. De même, si 5,8% des emplois d’ouvriers sont éligibles à un octroi de points, ce n’est le cas que pour 0,3 % de ceux des cadres.
Le ratio entre le nombre de salariés acquérants et les détenteurs d’emplois potentiellement exposés varie beaucoup selon la nature du risque. Si on décompte 52,4% de bénéficiaires de points au titre du travail de nuit sur 100 emplois exposés à ce risque, ce ratio chute à 20,7% pour le travail répétitif et 8,9% pour le bruit.
Au-delà du métier exercé, la propension à acquérir des points sur le C2P varie aussi avec les caractéristiques du salarié et de son poste : elle est notamment plus basse pour les plus jeunes ou pour les salariés en CDD. Cela vaut aussi pour les femmes qui à caractéristiques égale, voient leur propension à acquérir des points, être 1,6 fois moindre que celle des hommes.
A noter aussi qu’avec la suppression de quatre critères sur dix lors de la transformation du C3P en C2P fin 2017, la proportion de salariés potentiellement exposés aux facteurs du compte pénibilité est passé de 15 % à 9 %. «Les facteurs supprimés (manutention manuelle de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques et agents chimiques dangereux) présentaient chacun un ratio entre acquisitions de points et expositions potentielles encore plus défavorable que les six facteurs maintenus dans le C2P, signe possible d’une plus grande difficulté à les décompter», souligne l’étude. Et certaines familles professionnelles ont été significativement affectées par la suppression des critères de manutention manuelle de charges lourdes, de postures pénibles et de vibrations mécanique : c’est le cas notamment des ouvriers qualifiés et non qualifiés du bâtiment (gros œuvre et second œuvre) mais aussi du travail du bois et de l’ameublement, du textile et du cuir.