L’INRS vient de publier une étude sur les malaises mortels au travail montrant que plus de la moitié des accidents du travail mortels n’ont en réalité pas de cause externe identifiée. Et certaines professions, dont le transport routier, y sont davantage exposées.
Sur les quelques 760 décès intervenus au travail recensés en 2024, près de 60% ne sont pas rattachés à une cause externe identifiée, telle qu’un traumatisme, une intoxication ou encore une électrocution par exemple. Une étude portant sur 143 de ces décès sur la période 2012-2023 a mis en évidence que plus de 93% de ces victimes étaient des hommes d’un âge médian égal à 51 ans. Les deux métiers les plus représentés étaient les conducteurs de poids lourds (dans 15% des cas) et les électriciens devant les ouvriers qualifiés du bâtiment. Les salariés nouvellement embauchés ou affectés à un poste représentent 16% de ces victimes.13% travaillaient de nuit. A cet égard, les conducteurs de poids lourds sont également les plus représentés sur l’ensemble des malaises intervenus entre 20 heures et 7 heures du matin. En termes de circonstances au moment du drame, l’activité physique et la manutention sont les plus souvent mentionnées, mais la majorité des conducteurs de camion n’effectuaient toutefois pas d’opération de chargement/déchargement. Enfin, dans 73% des cas, le salarié se trouvait isolé au moment de son malaise. «Le délai entre les premiers signes de malaise et la survenue du décès est de l’ordre de quelques minutes ou dizaines de minutes d’après la majorité des enquêtes», relève l’INRS.
Pour prévenir ces accidents mortels, les Carsat misent d’abord sur l’évaluation et la prévention de ces risques, l’organisation des secours, le suivi individuel en santé au travail à l’occasion des visites de mi-carrière en particulier et l’accompagnement psychologique.