Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a publié, le 11 juin 2026, son rapport annuel sur les évolutions et perspectives des retraites en France.
Après avoir basculé dans le rouge en 2024 (lire KPS du 16 juin 2025), le système de retraite a vu son déficit se creuser en 2025 pour atteindre 5,1Mds€ (-0,2 point de PIB), soit une détérioration de 3,4Mds€ et de 0,1 point de PIB en un an, hors charge et produits financiers. Ce déséquilibre devrait encore s’accentuer pour atteindre -6,8Mds€ (-0,2 point de PIB) en 2030, -0,9 point de PIB en 2045 et surtout et -2,4 points de PIB en 2070. Par rapport aux projections présentées l’an dernier, la trajectoire des dépenses de retraite par rapport au PIB demeurerait globalement inchangée jusqu’en 2045. L’impact économique négatif lié au conflit au Moyen-Orient combiné à la suspension de la réforme des retraites de 2023 seraient en effet compensés par les effets favorables liés aux nouvelles hypothèses démographiques relatives au solde migratoire et aux gains d’espérance de vie. A partir de 2045, en revanche, la révision à la baisse des hypothèses de fécondité (1,45 enfant par femme versus 1,8 auparavant) accentuerait le déséquilibre financier du système. Il en est de même des nouvelles hypothèses découlant de la revalorisation de la valeur du point Agirc-Arrco à compter de 2038.
Les dépenses du système de retraite se sont élevées à 422 Mds€ en 2025, en hausse de 15Mds€ comparé à 2024. Cela représente 14,1 points de PIB (soit 0,2 point de plus que l’année précédente) et 24,3% de l’ensemble des dépenses publiques. A moyen terme, elles se maintiendraient à ce niveau d’ici 2045 avant de s’envoler à 15,3 points de PIB en 2070. Une inflexion de plus d’un point de PIB qui, là encore, résulte des nouvelles projections démographiques moins favorables.
Car le rapport démographique entre les personnes âgées de 20 à 64 ans et celles de 65 ans et plus s’est dégradé depuis 2009, passant de 3,6 à 2,5 en 2025 selon les données provisoires, sous l’effet notamment du vieillissement des générations du baby-boom. Cette tendance se poursuivrait jusqu’au milieu des années 2030, puis continuerait de se détériorer sous l’effet du recul de la natalité, précise le COR. À l’horizon 2070, ce ratio s’établirait à environ 1,62 dans le scénario de référence, contre 1,76 dans les précédentes projections démographiques.
Quant à l’âge conjoncturel moyen de départ en retraite, il a continué de reculer atteignant 63,1 ans en 2025 (contre 63 ans 2024) et 63,9 ans en 2030. Ce qui correspondrait à un rythme de remontée d’âge de départ moins rapide qu’escompté l’an dernier (64,1 ans) en lien avec la suspension de la réforme des retraites. Il po à faire baisser la part des dépenses de retraite de 0,2 point de PIB d’ici 2030 grâce au recul de l’âge moyen de départ en retraite. En l’absence de nouvelles réformes, l’âge conjoncturel de départ se stabiliserait à 64,6 ans à partir de 2051 et jusqu’en 2070.
De leur côté, les ressources du système de retraite qui s’élevaient en 2025 à 417Mds€ (hors produits financiers) contre 405Mds€ en 2024, ont augmenté de près de 3% en un an et accaparent, comme l’an dernier, 13,9% de la richesse nationale. Sous l’effet principalement de la hausse de la cotisation à la CNRACL (de 12 points entre 2025 et 2028), la part de PIB dévolue aux recettes du système est appelée à progresser jusqu’en 2026 (14%), avant de s’infléchir de nouveau pour atteindre 13,9% en 2030 et 12,9% en 2070. Cette baisse s’explique, comme les années précédentes, par la diminution des contributions d’équilibre allouées aux régimes de la fonction publique de l’Etat et à certains régimes spéciaux, mais aussi par les augmentations contenues de la rémunération des fonctionnaires hospitaliers et territoriaux jusqu’en 2037 freinent l’augmentation globale des cotisations,