Le Comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie a publié, le 25 juin 2026, son deuxième avis sur le respect de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) en 2026 fixé à 274,4Mds€.
L’inquiétude de ce comité d’experts est montée d’un cran dans la mesure où «il ne peut écarter le risque d’un dépassement du seuil d’alerte de 5% du montant prévisionnel de dépenses » justifiant la prise de mesures d’économies conservatoires en cours d’année. Dans son premier avis d’avril, le comité se limitait à envisager «la probabilité d’un dérapage inférieur au seuil d’alerte» (lire KPS du 22 avril 2026).
Comme au printemps, la principale source d’inquiétude du Comité d’alerte concerne les soins de ville dont l’enveloppe de dépenses avait été fixée dans la LFSS pour 2026 à 117,5Mds€ (en hausse de 3,2% par rapport à 2025). Or, l’augmentation de ce poste s’est fortement accélérée au premier quadrimestre 2026, atteignant +4,4%, à comparer aux +3,5% observés sur la même période de l’année précédente. Si une partie de la hausse tient à l’effet calendaire lié à l’avancée au 1er janvier (au lieu du 1er avril) des augmentations de tarifs hospitaliers (lire KPS du 29 avril 2026), la neutralisation de cet effet laisse malgré tout une croissance spontanée non prévue de 0,3 point. Si ce rythme de dépenses se maintenait tout au long de l’année, le dépassement atteindrait de l’ordre de 900M€ en fin d’année, prévient le comité d’experts.
L’autre source d’inquiétude de ce dernier concerne «la hausse plus forte qu’anticipée de l’activité tarifée des établissements de santé», liée à une «possible sous-évaluation de cette activité évaluée à environ 700M€. Des annulations de mises en réserve (1,1Md€) pourraient toutefois permettre de respecter l’Ondam de ces établissements, au risque toutefois de creuser encore leur déficit en fin d’année. Et ce, alors même que l’accumulation des exercices déficitaires hospitaliers constitue « le point de fuite majeure » de ce mode de régulation par enveloppes fermées. Selon le ministère de la Santé, le déficit des établissements publics de santé s’établirait à 2,7Mds€ en 2025 contre 2,9Mds€ en 2024.
La troisième source d’inquiétude du comité d’experts concerne, comme au printemps, la réalisation des 4,4Mds€ d’économies censées être réalisées cette année. Sur ce total, seuls 1,9Md€ se sont effectivement concrétisés au travers de l’impact en année pleine de l’abaissement du plafond de calcul des indemnités journalières (500M€), des transferts de charges de hospitalières aux complémentaires santé (400M€) ou encore aux mesures d’efficience des établissements (800M€). En revanche, les 1,4Md€ de baisses de prix de médicaments promises, sont seulement «plausibles», estiment les experts qui ne croient pas non plus à la concrétisation des 900M€ de maitrise médicalisée des dépenses promis. L’impact de certaines mesures est retardé, à l’instar du transfert de ticket modérateur aux complémentaires des médicaments à service médical rendu faible prescrits aux assurés en affection de longue durée qui ne débutera qu’en octobre (lire KPS du 17 avril 2026).
Enfin, certains surcoûts non prévus sont aussi relevés, tels que l’impact du relèvement de 2,41% du SMIC au 1er juin sur les IJ versées (50M€) ou l’enveloppe supplémentaire de 100M€ octroyée par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, aux hôpitaux pour faire face aux conséquences de la canicule.