Pour renflouer les comptes déficitaires (de 200M€ en 2025) de la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP), le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a demandé aux partenaires sociaux qui administrent cette branche, «de réaliser 800M€ de mesures d’économies», a révélé un article des Echos publié le 29 juin 2026.
Interrogé par ce quotidien, le cabinet du ministre a confirmé cette information en précisant que «les propositions des partenaires sociaux sont attendues à la mi-juillet. Parmi les pistes évoquées pour rétablir l’équilibre figurent une hausse de la cotisation AT-MP des employeurs, la diminution de la couverture des indemnités journalières (IJ) versées au titre d’un AT-MP, un changement de règlement du jeu pour calculer les cotisations ou encore la fiscalisation des IJ versées», précise Les Echos.
Pour mémoire, les IJ AT-MP sont devenues en 2024 le premier poste de dépenses de la branche (à 4,9Mds€ en 2024) (lire KPS du 20 novembre 2025). Ces IJ ont poursuivi leur croissance en 2025, atteignant même 5,4Mds€, selon la CNAM, ce qui représente une dynamique de croissance de plus de 20% et de plus d’1Md€ en deux ans. Les IJ majorées versées à partir du 29e jour d’arrêt représentent plus de 80% du montant total d’IJ AT-MP versées, soit 4Mds€ en 2024, soit le double du total versé en 2014.
Comme l’explique le graphique ci-dessous, l’allongement de la durée des arrêts constitue le principal facteur d’accroissement du montant des IJ AT-MP versées entre 2019 et 2024, loin devant l’augmentation du montant journalier versé et le vieillissement de la main d’œuvre. Le nombre moyen de jours d’arrêt par bénéficiaire est en effet passé de 58 jours en 2010 à 70 jours en 2019 et 90 jours en 2024. Sachant qu’en 2026, près de 13500 bénéficiaires se trouvent en arrêt de travail AT-MP depuis plus de 3 ans, l’article 81 de la LFSS pour 2026 va limiter à 4 ans la durée de versement des IJ AT-MP à partir du 1er janvier 2027 (lire KPS du 15 juin 2026).
Pour l’assurance maladie, l’allongement des arrêts de travail AT/MP ne relève pas uniquement de facteurs médicaux mais résulte aussi d’un ensemble de freins organisationnels, informationnels et psychosociaux. L’amélioration de la coordination entre les acteurs, le renforcement des connaissances des médecins et une meilleure préparation du retour à l’emploi apparaissent comme des leviers essentiels pour limiter les prolongations injustifiées et sécuriser les parcours des patients.