Les médicaments innovants pèsent sur les remboursements de l’Assurance maladie

Publié le 02 juillet 2026


Du fait du coût grandissant des médicaments innovants, les dépenses prises en charge progressent rapidement depuis 2020, tandis que les mécanismes de régulation existants s’essoufflent, selon l’étude publiée, le 1er juillet 2026, par la DREES.

Les dépenses faciales de médicaments remboursables ont augmenté de 12,1Mds€ entre 2016 et 2024 pour atteindre 41,1Mds€. L'essentiel de cette hausse est concentré sur la période récente : +11,4Mds€ entre 2020 et 2024, soit une hausse de près de 40% en 4 ans après une décennie de stabilité. Rapportée à la population, la dépense moyenne par habitant passe ainsi de 437€ à 604€ entre 2016 et 2024.

Les dépenses de médicaments sont certes régulées par deux mécanismes qui tendent à diminuer le coût des remboursements de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Il en est ainsi des remises négociées par le Comité économique des produits de santé (CEPS) pour certains produits innovants et onéreux, destinés à préserver leur prix facial à l’international tout en en réduisant le coût pour l’AMO. Or, ces remises ont progressé de 1,2Md€ en 2016 à 9Mds€ en 2024, dont une multiplication par 2,5 entre 2020 et 2024. Le second mécanisme de régulation concerne la clause de sauvegarde qui, depuis 1999, impose aux laboratoires pharmaceutiques de verser une contribution à l’AMO dès lors que les volumes vendus excèdent un certain taux (dit taux K) fixé, chaque année, en LFSS. Or, le produit de cette disposition qui ne dépassait pas 100 ou 200M€ jusqu’en 2020, a rapporté 1,7Md€ à l’assurance maladie en 2024.

En dépit de ces mécanismes, la croissance de dépenses de médicaments s’explique par l’envolée de 61% (et de 5,9Mds€) en 8 ans, des médicaments onéreux utilisés par ou prescrits à l’hôpital mais délivrés en ville. Car, dans le même temps, les prescriptions de ville ont reculé 6 % (0,9Md€). Plus précisément, la hausse se concentre sur quelques classes de médicaments destinés au traitement du cancer et de maladies auto-immunes qui représentent 34% du total des dépenses (contre 24% en 2016). «Parce qu’ils bénéficient de taux de remboursement élevés et sont fréquemment prescrits dans le cadre d'affections de longue durée (ALD), les médicaments récents contribuent fortement à la hausse des remboursements par l'Assurance maladie obligatoire (AMO) », relève la Drees, si bien que la part de l’AMO dans la prise en charge de l’ensemble des médicaments a progressé de 84% en 2016 à 88% en 2024. «Le coût des traitements innovants prescrits à l'hôpital connaît une dynamique telle que sa poursuite pourrait ne pas longtemps être compensée par les économies générées sur des produits plus anciens», met en garde la Drees en conclusion.