Travail et canicule: le HCSP plaide pour l’ouverture de négociations de branche

Publié le 13 juillet 2026


Face à des canicules appelées à devenir plus fréquentes, plus longues et plus intenses, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) estime, dans une note publiée le 10 juillet 2026, que l'adaptation du monde du travail est désormais une nécessité sanitaire, sociale et économique.

Si le Code du travail impose désormais aux employeurs de prendre des mesures de prévention lors des épisodes de chaleur, les auteurs du rapport estiment que nombre d'organisations restent insuffisamment préparées à des températures extrêmes appelées à devenir récurrentes. Soucieuse de développer une véritable « culture de la chaleur », l’institution formule plusieurs propositions concrètes pour mieux protéger les salariés lors des épisodes de fortes chaleurs. La principale proposition du HCSP consiste à instaurer, d'ici au printemps 2027, une négociation obligatoire dans chaque branche professionnelle afin de définir un cadre précis d'organisation du travail en cas de canicule. L'objectif serait d'élaborer, en amont des crises, des plans d'action opérationnels activables lors des vigilances orange ou rouge de Météo-France.

Parmi les sujets à traiter figure aussi l'adaptation des horaires. Le HCSP considère qu'une réponse uniforme serait inadaptée compte tenu de la diversité des métiers.

Plusieurs pistes sont évoquées pour limiter l'exposition des salariés aux heures les plus chaudes tout en maintenant autant que possible l'activité économique:

  • avancer les heures de travail pour éviter les pics de chaleur de l'après-midi ;
  • développer la « journée continue », par exemple de 6h30 à 13h30 ;
  • adapter les horaires d'ouverture des commerces et activités recevant du public, sur le modèle des pays du sud de l'Europe.

Le rapport plaide également pour définir à l'avance les situations dans lesquelles l'activité peut être maintenue ou, au contraire, suspendue temporairement en tenant compte de la pénibilité des métiers, de la vulnérabilité de certains salariés, de l’existence ou non d’équipements de rafraîchissement.

La question du régime d'indemnisation en cas d'interruption d'activité devrait également être clarifiée, qu'il s'agisse du chômage partiel ou de dispositifs inspirés du régime intempéries du BTP.

Le HCSP recommande également de traduire concrètement, métier par métier, les obligations déjà prévues par le décret de 2025 sur les risques liés à la chaleur.

Les branches professionnelles seraient ainsi invitées à préciser :

  • les aménagements des postes de travail ;
  • l'organisation du télétravail lorsque cela est possible ;
  • la mise à disposition d'eau fraîche ;
  • les équipements de protection individuelle ;
  • les dispositifs d'alerte et de secours ;
  • les mesures spécifiques pour les salariés vulnérables en raison de leur âge ou de leur état de santé.

Plus innovante, une autre proposition consiste à réfléchir au rôle des entreprises climatisées comme « refuges de fraîcheur ». Le HCSP suggère donc d'intégrer cette réflexion dans les négociations professionnelles afin d'étudier dans quelles conditions certains lieux de travail pourraient contribuer à la protection des salariés et de leurs familles lors des épisodes extrêmes.