Les dépenses d’assurance maladie en hausse de 4,5% à fin juin 2026

Publié le 28 juillet 2026


A la fin juin 2026, les remboursements du régime général avaient progressé de 4,5% sur les douze derniers mois, selon le communiqué diffusé, le 27 juillet 2026, par l’Assurance maladie. Une évolution qui reste soutenue malgré le ralentissement observé sur certains postes, notamment les indemnités journalières et les transports sanitaires. Les principales tensions se concentrent aujourd’hui sur les médicaments, la kinésithérapie et les dépenses hospitalières publiques.

Les dépenses de soins de ville affichent une hausse annuelle de 3,9%, tandis que les versements aux établissements sanitaires augmentent de 5,2%, avec une évolution particulièrement marquée dans le secteur public (+5,7%).

Parmi les postes les plus dynamiques, les médicaments continuent d’alimenter la progression des remboursements. Sur douze mois, les prises en charge augmentent de 5,8%, avec une hausse de 6,5% pour les médicaments délivrés en ville. Cette tendance prolonge celle déjà observée en 2025, où l’Assurance maladie soulignait notamment l’effet de la montée en charge de certaines campagnes vaccinales (contre le zona en particulier) et le dynamisme de plusieurs traitements innovants (lire KPS du 4 février 2026).

Les soins de masso-kinésithérapie figurent parmi les postes les plus inflationnistes du premier semestre 2026. Les remboursements progressent de 5,8% depuis le début de l’année et de 5,1% sur douze mois. Sur le seul mois de juin, la hausse atteint même 7,4%. Selon l’Assurance maladie, cette évolution est notamment liée aux revalorisations tarifaires intervenues en janvier 2026. Elle confirme toutefois une dynamique durable de recours à ces soins, qui contribue significativement à la croissance des dépenses d’auxiliaires médicaux.

Après avoir été freinées en 2025 par les baisses tarifaires négociées avec l’Assurance maladie, les dépenses de biologie médicale repartent à la hausse. Les remboursements progressent ainsi de 4,3% sur le premier semestre et de 3,1% en rythme annuel. Cette reprise témoigne à la fois d’une activité soutenue et de la difficulté à contenir durablement certaines dépenses de diagnostic malgré les actions de régulation engagées ces dernières années.

La progression la plus marquée concerne les établissements sanitaires publics. Sur les douze derniers mois, les versements augmentent de 5,7%, contre 2,8% seulement pour les établissements privés. Cet écart confirme la pression financière persistante qui s’exerce sur l’hôpital public, dans un contexte marqué par les revalorisations salariales successives, les tensions de recrutement et l’augmentation des coûts de fonctionnement.

À l’inverse, plusieurs dépenses montrent des signes de modération. Les remboursements des médecins généralistes reculent légèrement sur le premier semestre (-0,7%), même si leur progression demeure positive sur douze mois (+3,3%), sous l’effet de la consultation à 30€ mise en œuvre fin 2024. Les indemnités journalières enregistrent également un ralentissement, avec une hausse limitée à 2,9% sur douze mois, du fait de la mise en œuvre de l’abaissement du plafond de revenus pris en compte pour leur calcul, passée de 1,8 à 1,4 Smic depuis avril 2025. Enfin, les transports sanitaires apparaissent désormais stabilisés. Les remboursements reculent même légèrement de 0,5% en rythme annuel, après plusieurs années de forte progression.