Dans un entretien au Parisien publié le 31 août 2026, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a donné quelques indications sur le contenu du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 qui sera présenté le 30 septembre.
S’agissant des dépenses sociales, le chef du gouvernement souhaiterait lancer «avec les partenaires sociaux une vraie réforme des arrêts maladie». Leur progression est, selon lui, «non seulement préoccupante pour les comptes publics, mais aussi pour l’ambiance dans les administrations et les entreprises». «Trop d’abus abîment l’accompagnement des arrêts de travail de ceux qui sont vraiment malades. Il est donc impensable qu’il n’y ait pas un débat sur les arrêts maladie, sans stigmatiser ceux qui ont de vraies raisons d’être arrêtés», a-t-il souligné.
Sébastien Lecornu a également fait part de son souhait d’inscrire «une règle d’or» en matière de remboursement des médicaments. «Lorsqu'un nouveau médicament apporte un progrès médical majeur, il est normal qu'il soit remboursé», a-t-il observé, alors qu'«à l'inverse, lorsqu'un traitement ancien est dépassé et n'apporte qu'un bénéfice thérapeutique faible, voire quasi nul, on doit se poser la question de son remboursement», souligne-t-il.
A propos des pensions de retraite, le Premier ministre a également exclu de désindexer «les petites retraites» sans préciser le seuil de pension concerné. Il emboite ainsi le pas au ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui lors du rassemblement annuel du Medef, le 27 août 2026, a, lui aussi, appelé à revoir le principe de l’indexation automatique des pensions de retraite sur l’inflation. Le système n'a, estime-t-il, «pas les moyens de supporter» une indexation «très coûteuse, surtout en période de forte inflation». Selon Bercy, si rien n’est fait, le coût des retraites de base pourrait augmenter de 12Mds€ en 2027, pour moitié en raison de cette indexation automatique, pour moitié en raison du vieillissement de la population. «Pourquoi n'y aurait‑il pas une négociation annuelle obligatoire (NAO) des retraites comme il y a une sur les salaires ?», a alors suggéré le ministre du Travail estimant qu’il s’agit là d'un «sujet de solidarité intergénérationnelle».