L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié, le 2 septembre 2026, une étude sur les effets des horaires atypiques de travail autres que le travail de nuit. Lorsque les horaires s’éloignent du cadre de travail standard, les conséquences peuvent toucher le sommeil, la santé mentale, la santé cardiovasculaire et l’équilibre de vie.
Travail le week-end ou durant de longues journées, prises de poste très matinales ou fins de journée tardives : entre 56 % et 76 % des actifs travaillant dans de nombreux secteurs (services, commerce, santé, transports ou encore l’aide à la personne) seraient exposés à au moins une forme d’horaire atypique hors travail de nuit.
Plus encore, de nombreux salariés cumulent plusieurs contraintes horaires tout au long de leur carrière. En perturbant l’horloge biologique et en compliquant la récupération, ces horaires atypiques ont un impact important sur le sommeil. Ainsi, les salariés exposés à des horaires longs ou décalés présentent plus fréquemment une réduction de la durée de sommeil ; une dégradation de sa qualité ; des difficultés d’endormissement ;
des réveils nocturnes ; une dette de sommeil chronique et une fatigue persistante. Cette altération du sommeil a des répercussions sur de nombreux autres aspects de la santé.
Ainsi, l’Anses met en évidence un lien entre les horaires longs et l’augmentation du risque de maladies cardiovasculaires et plus particulièrement les maladies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ainsi que certains troubles cardio-métaboliques. Le stress chronique, le manque de récupération et les perturbations du sommeil apparaissent comme des facteurs explicatifs majeurs.
Les effets ne se limitent pas à la santé physique. Les horaires atypiques peuvent également peser sur l’équilibre psychologique. L’Anses met ainsi en évidence une augmentation des symptômes anxieux ; un risque accru de dépression, particulièrement au-delà de 55 heures de travail hebdomadaire ; une dégradation du bien-être psychologique ; un niveau de fatigue mentale plus élevé. Les horaires décalés, notamment le travail en soirée, semblent particulièrement défavorables à la santé mentale en raison des difficultés qu’ils engendrent pour maintenir des activités sociales et familiales régulières.
Dans la mesure où les temps de repos et de sociabilité ne coïncident plus avec ceux des proches, le travail du week-end provoque aussi une véritable désynchronisation sociale, laquelle a des impacts sur la santé mentale et le bien-être.
L’un des apports majeurs du rapport est de rappeler que les horaires atypiques ne doivent pas être analysés séparément.
Ces expositions répétées tout au long de la carrière peuvent renforcer les effets sur la santé. Face à ces constats, l’Anses recommande de limiter le recours aux horaires atypiques lorsque cela est possible et, lorsqu’ils sont nécessaires, de mieux les encadrer. Parmi les pistes avancées, l’agence préconise d’améliorer la prévisibilité des plannings, de renforcer les temps de repos et de récupération, d’intégrer les horaires atypiques dans l’évaluation des risques professionnels, de développer un suivi médical adapté ou encore de favoriser des compensations centrées sur la santé plutôt que uniquement financières.