La complémentaire santé couvre 76% du reste-à-charge post-Assurance maladie, selon la DREES

Publié le 06 novembre 2026


La Drees a publié, le 5 novembre 2026, trois fiches concernant le reste-à-charge des patients ainsi que les inégalités liées au coût de la santé en fonction de l’âge et des revenus des assurés.

En 2023, le montant moyen de dépenses de santé présentée au remboursement s’élève à 3154€ par assuré. Sur ce montant, l’Assurance maladie obligatoire (AMO) en prend en charge en moyenne 2538€, soit 80,6% du coût total des soins. Sur les 612€ restant, l’assurance maladie complémentaire (AMC) qui couvre 97% de la population, en finance 466€, soit 76% du reste-à-charge (RAC) post-AMO et 14,8% de la dépense totale. Reste 146€ à la charge directe des assurés, soit 4,6% de leur dépense annuelle, soit «l’un des niveaux les plus faibles de l’Union européenne grâce aux complémentaires santé», observe la Drees.

Les remboursements de l’AMC se décomposent entre d’une part une part opposable - très encadrée par le cahier des charges des contrats responsables - correspondant à l’écart entre la base de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS) et le montant pris en charge par l’AMO et d’autre part une fraction des dépassements d’honoraires et aux suppléments sur actes et équipements médicaux, variable selon la générosité des contrats. Sur les 466€ de remboursements AMC, la part liée aux obligations du contrat responsable s’élève à 280€ en moyenne, ce qui représente 60% du total des dépenses prises en charge par les AMC, les 40% restant (308€) relevant de la générosité des contrats collectifs et individuels en matière de prise en charge des dépassements et suppléments facturés par les professions de santé.

Quant aux 146€ laissés à la charge des patients, ils proviennent à plus de 80% de cette liberté tarifaire des professionnels de santé (120€) et dans une moindre mesure des participations forfaitaires franchises (20€). Le solde (moins de 10€) est composé des tickets modérateurs et des forfaits journaliers hospitaliers à la charge des assurés dépourvus d’AMC. Malgré la réforme du 100 % santé, les équipements dentaires, optiques et d’audiologie représentent toujours près de la moitié de ce reste-à-charge acquitté par les patients.



Le RAC laissé aux assurés croît sensiblement avec l’âge, mais moins fortement que les dépenses de santé dans leur ensemble, comme en témoigne le graphique ci-dessous : 



La décomposition de ce RAC final (146€) varie aussi en fonction des postes de soins et selon que l’assuré est pris en charge au titre d’une affection de longue durée (ALD) ou pas, comme en témoigne le graphique ci-dessous :  



Enfin, si le montant moyen du RAC post AMO opposable est relativement stable en fonction du niveau de vie, celui lié à la liberté tarifaire des professionnels de santé augmente fortement avec la croissance des revenus. Celui-ci atteint ainsi 490€ pour le dernier décile des revenus contre 300€ pour une personne du 1er décile. Toutefois après prise en charge des remboursements par les AMC, cet écart de reste à charge descende de 300€ à 150€. Au global, le RAC total laissé à la charge des 10 % d’assurés les plus aisés est de 250€, contre 80€ pour les 10 % les moins aisés.