Le Medef a présenté, le 9 juillet 2025, ses propositions de réforme en vue de «retrouver une trajectoire financière soutenable tout en améliorant l’efficacité» du système de santé.
Rappelant que les employeurs financent 33% du budget de l’Assurance maladie, le Medef propose ainsi de réaliser «jusqu’à 6,5Mdsd€ d’économies mobilisables dès le prochain PLFSS». Au chapitre de la consommation de soins, l’organisation patronale suggère ainsi d’instaurer en cas d’arrêt maladie «un ou plusieurs jours de carence d’ordre public non indemnisés ni par la Sécurité sociale, ni par les employeurs, ni par la prévoyance complémentaire. La prise en charge du délai de carence à partir de 3 arrêts dans une année civile pourrait également être supprimée tandis que le montant des indemnités journalières versées devrait être forfaitisé, recommande le Medef. S’agissant des arrêts longs, le Medef plaide aussi pour amorcer dès 6 mois d’arrêt un accompagnement de prévention de la désinsertion professionnelle, lequel pourrait être piloté par les assureurs complémentaires, sur délégation de l’assurance maladie.
Reprenant une proposition du LEEM, il préconise aussi de développer la liste des médicaments à prescription médicale facultative. Mais aussi de réviser le cadre des paniers dits du 100% santé et d’actualiser la liste des pathologies éligibles au dispositif des affections de longue durée. Les obligations de prise en charge du contrat responsable devraient être également revues sur la base des propositions faites par la FNMF et France assureurs (lire KPS du 23 mai 2025). Enfin, les complémentaires devraient être en mesure de financer au 1er euro les frais d’optique et d’audioprothèse, voire de prendre en charge la gestion des transports sanitaires programmés en taxi. Ces organismes devraient aussi pouvoir mettre en place des remboursements bonifiés pour encourager les assurés à s’inscrire dans des programmes de pertinence des soins et de prévention. Ce premier bloc pourrait représenter jusqu’à 2,5Mds€ d’économies pour l'assurance maladie, a calculé le MEDEF.
Le deuxième bloc repose sur un renforcement des moyens dévolus à la lutte contre la fraude et une dématérialisation accélérée des procédures et des outils, notamment en faisant, par exemple, de l’alimentation de Mon Espace santé, un parcours obligé pour éviter les actes inutiles. Ces mesures pourraient faire économiser jusqu’à 2,1Mds€ à l’assurance maladie, estime le Medef.
S’agissant du système de santé lui-même, l’organisation patronale préconise d’encourager l’accompagnement vers l’ambulatoire grâce à «un signal prix», de réformer la tarification libérale dans les hôpitaux publics et de développer l’hospitalisation à domicile. S’y ajouteraient des mesures visant à mettre fin à la prise en charge des consultations répétées sans motif médical pour limiter le nomadisme médical et à favoriser la pertinence des soins, sur la base des recommandations de la Haute Autorité de Santé. Au total, près de 2Mds€ pourraient être économiser par ce biais.
A contrario, le Medef souhaite absolument «éviter les mesures de transfert de dépenses» qui se limitent à «déplacer la charge» sur d’autres acteurs (employeurs ou complémentaires). Il met aussi en garde contre toute remise en cause du cadre socio-fiscal des contrats collectifs en santé et prévoyance.