Le Comité de suivi des retraites (CSR) a remis au Premier ministre, le 10 juillet 2025, son 12e avis sur l’état du système de retraite, rédigé sur la base des dernières projections du Conseil d’orientation des retraites (lire KPS du 16 juin 2025).
«Au vu de la trajectoire financièrement dégradée du système de retraite» et en particulier de celle du régime général et de la CNRACL, la caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, le CSR recommande «une sous-indexation cumulée des pensions de l’ordre de 2% ou un peu supérieure au cours des 5 prochaines années» en vue de ramener le système à l’équilibre en 2030. Pour justifier une telle recommandation – la première depuis 2017 -, ce comité d’experts, désormais présidé par Franck Von Lennep, l’ancien directeur de la Sécurité sociale, avance plusieurs raisons. D’abord, le déficit du système qui, selon le COR, devrait atteindre 6,6Mds€ en 2030 avant de s’accroître sur toute la période de projection jusqu’à représenter 1,4 point de PIB en 2070. Ensuite, le CSR estime «ne pas pouvoir proposer de hausse de cotisation d’assurance vieillesse (de base ou complémentaire) au motif que le plafond de prélèvement (fixé à 28%) est «déjà atteint». De même, « les marges de manœuvre» pour relever encore les bornes d’âge de départ et de durée d’assurance requise pour prétendre au taux plein, sont, selon ces experts, «limitées», alors que la réforme de 2023 est encore en phase de montée en charge. En revanche, si «l’effet récessif» lié à une sous-indexation des pensions «existe», celui-ci devrait, selon le CSR, « resté limité, dans un contexte de forte épargne des retraités».
A l’horizon 2035 ou 2040, «la sous-indexation ne devra pas à elle seule assurer l’équilibre du système de retraite», prévient le Comité, et «d’autres mesures devront être décidées et mises en œuvre à moyen terme».
En vertu de la réforme de 2014 qui a mis en place le CSR, le Premier ministre doit maintenant présenter, de façon officielle au Parlement, sa réponse à cette recommandation.