Le Premier ministre, François Bayrou, a présenté, le 15 juillet 2025 lors d’une conférence de presse, les mesures de son plan budgétaire destiné à ramener le déficit public à 4,6% du PIB en 2026.
Alors que la dette publique représente plus de 3345Mds€ à la fin du premier trimestre 2025, soit 113,9% de la richesse nationale, ce plan budgétaire porte sur près de 44Mds€ qui se décomposent entre environ 80% d’économies et 20% de recettes supplémentaires. L’ensemble de ces dispositions ont vocation à être reprises dans le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
Sur la sphère sociale, le Premier ministre propose d’économiser 5,5Mds€ sur les dépenses de santé. Ce qui, selon lui, nécessite de :
- «responsabiliser les assurés » via une augmentation des franchises et des participations forfaitaires appliquées sur les médicaments, les consultations et les actes médicaux, dont le plafond serait relevé à 100€ par an. Celles-ci devraient en coutre « être acquittées au comptoir »
- «Exclure du périmètre de remboursement à 100% par l’assurance maladie, les dépenses des patients pris en charge au titre d’une affection de longue durée (ALD), ne relevant pas d’une pathologie éligible, tout en sortant du dispositif ceux dont l’état de santé ne le justifie plus.
- Obliger tous les professionnels de santé à alimenter le dossier médical personnalisé des patients afin de lutter contre les actes inutiles ou redondants ;
- Encourager les actions de prévention faites par l’assuré, telles que les vaccinations antigrippales.
- Renforcer les contrôles des arrêts maladie de plus de 18 mois car, selon le Premier ministre, les contrôles effectués sur ces arrêts montrent que «50% d’entre eux ne sont pas justifiés».
Un projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale sera déposé à l’automne en vue, notamment, d’améliorer le recouvrement des indus. Une mission composée de 3 parlementaires sera chargée d’en surveiller la mise en œuvre. Le gouvernement espère ainsi économiser ou récupérer 2,3Mds€ supplémentaires.
François Bayrou souhaite également confier aux partenaires sociaux deux négociations à boucler d’ici la fin de l’année :
- L’une portera sur un nouveau durcissement des conditions d’affiliations à l’assurance chômage et en particulier de celles découlant d’une rupture conventionnelle, source, selon le Premier ministre, d’abus ;
- L’autre portera sur l’emploi et les conditions de travail, ce qui devrait aussi inclure une révision des modalités d’indemnisation des arrêts de travail.
En vue d’augmenter le volume d’heures au travail, le chef du gouvernement a également annoncé la suppression de 2 jours fériés en suggérant ceux du lundi de Pâques et du 8 mai. La ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet a précisé, le 16 juillet 2025 sur TF1 qu’« en contrepartie » de cette suppression, les entreprises « devront s’acquitter d’une contribution » dont le montant pourrait s’élever à 0,6% des rémunérations versées. Soit le double des 0,3% déjà acquittés pour la journée de solidarité. « C’est le scénario central» sur lequel travaille l’exécutif, a laissé entendre le ministère de l’Economie lors d’une réunion avec le patronat le 21 juillet 2025. La mesure qui sera intégrée au projet de loi de finances pour 2026,est censée rapporter 4,2Mds€ au budget de l’Etat dès 2026, précise le document d’orientation présenté aux syndicats le 18 juillet.
Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé un gel en 2026 de toutes les prestations sociales (à commencer par les pensions de retraite des régimes de base) ainsi qu’un gel des barèmes fiscaux (CSG et impôt sur le revenu) ainsi que le remplacement par un forfait annuel de 2000€ de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels dont bénéficient les retraités. Cette année blanche pourrait faire économiser 7,1Mds€ en 2026 aux finances publiques, les mesures d’équité fiscale 4,2Mds€. En outre, les mesures consensuelles négociées dans le cadre du conclave sur les retraites et concernant l’amélioration de la pension des femmes et la prise en compte de la pénibilité seront également intégrées dans le PLFSS pour 2026, a indiqué François Bayrou (lire KPS du 24 juin 2025).
Pour améliorer la compétitivité des entreprises, il propose aussi d’engager le chantier du financement de la protection sociale avec l’objectif «d’organiser une bascule vers d’autres assiettes de prélèvement» que celle des cotisations sociales pesant sur le travail.
Parmi les autres mesures d’économies de dépenses publiques annoncées, figurent le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 3 ainsi que le gel de leur rémunération en 2026 (à l’exception des mesures d’avancement) pour une économie escomptée de 4,8Mds€. S’y ajouteraient 5,3Mds€ d’économies sur les collectivités territoriales et 3,4Mds€ liés à diverses mesures portant sur les niches fiscales et sociales.