Les fraudes à l’assurance maladie sont évaluées à 2,25Mds€ en 2024, selon le HCFiPS

Publié le 14 janvier 2026


Sur les 14Mds€ de fraudes sociales évaluées en 2024, 16%, soit près de 2,25Mds€ concernent la branche maladie, selon la note du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale (HCFiPS), publiée le 13 janvier 2026.

Et sur ces 2,25Mds€ de fraudes évaluées, la fraude des professionnels de santé en représenterait 70%, soit près de 1,6Md€ tandis que les assurés seraient à l’origine des 680M€ restant. S’agissant de ces derniers, le HCFIPS évalue à 230M€ la fraude aux indemnités journalières, sur la base de l’étude d’un échantillon aléatoire d’environ 7000 arrêts de travail enregistrés sur la période 2024-2025. Ce qui représente un taux de fraude de 1,8% et recouvre 2 situations distinctes : les faux arrêts de travail et la poursuite d’activités non autorisées pendant ces arrêts qui en constitue la part la plus importante.

Dans le détail, le taux de préjudice financier varie d’un poste à l’autre et s’établit dans le champ de l’assurance maladie à :

Prestations concernées

Taux de préjudice financier

Masseurs-kinés

6,5% à 8,4%

Infirmiers libéraux

5,4% à 6,3%

Transporteurs

3,9% à 4,9%

Médecins généralistes

3,1% à 3,5%

Médecins spécialistes

2,6% à 4%

Dentistes

2,4% à 4%

Pensions d’invalidité

2,3% à 2,5%

IJ maladie et AT-MP

1,8%

Fournisseurs de dispositifs médicaux

1,7% à 2,1%

Pharmaciens

0,5% à 0,8%

 

 

Sur les plus de 2Mds€ de fraudes détectés en 2024, 18% (soit 360M€) l’ont été par l’assurance maladie, si bien que les redressements se sont accrus de 23% comparé à 2023. A ce total, s’ajoutent quelques 260M€ de fraudes évitées (+90M€ en un an).

Le recouvrement des indus frauduleux ou fictifs par l’assurance maladie s’est également accru en 2024 pour s’établir à 212M€ (contre 200M€ en 2023). Si ce taux de recouvrement global s’élève à 52,7%, les taux de recouvrement des créances frauduleuses selon l’origine de la fraude, varie considérablement. S’il atteint 89,5% pour celles dont les établissements de santé sont responsables, ce taux chute à 44,2% pour les professionnels de santé libéraux, à 33,5% pour celui des assurés et 15,1% pour les versements d’indemnités journalières indus effectués auprès d’entreprises fictives.

Au vu de ces résultats en demi-teinte, le HCFiPS insiste sur la nécessité de prévenir la fraude : « Éviter la fraude est donc la mesure la plus efficace à la fois en termes d’équité (le sentiment que la fraude est répandue est de nature à fragiliser le pacte social) − et de rendement financier», souligne le HCFiPS qui regrette «l’absence de cette clé d’entrée dans le projet de loi relatif aux fraudes sociales et fiscales ». Une prise de position de nature à conforter la mobilisation de l’ensemble des familles de complémentaire en vue de l’examen par l’Assemblée nationale du projet de loi de lutte contre la fraude sociale et fiscale (lire KPS du 19 décembre 2025). Le HCFiPS en profite aussi pour pointer « les risques importants encourus par la mise en place de nouveaux dispositifs de tiers payant, avec notamment la prise en charge des fauteuils roulants». Quant aux assurés, ils doivent «être associés à la réflexion sur les mesures de prévention de la lutte contre la fraude», estime encore le HCFiPS.