Forte hausse des médicaments remboursés depuis 2020

Publié le 15 janvier 2026


L’Assurance maladie a publié, le 14 janvier 2026, un bilan de ses remboursements de médicaments en 2024, en hausse continue depuis 2019, sous l’effet de la mise sur le marché de médicaments innovants plus coûteux.

En 2024, les dépenses de médicaments remboursés par l’assurance maladie obligatoire (AMO) se sont élevés à 37,9Mds€, en hausse de 7,3% par rapport à 2023 et de près de 45% depuis 2019. En intégrant les remises conventionnelles négociées avec le CEPS et les mécanismes de régulation prix/volumes, le montant effectivement remboursé par l’AMO est moindre à 27.2Mds€, en hausse de 7,1% en un an et de 19,2% sur 5 ans.



Sur la seule période comprise entre juillet 2024 et juin 2025, cela représente la prise en charge de 2,5 milliards de boîtes, à raison de 41 boîtes en moyenne par assuré mais avec de fortes variations selon leur âge : de 11 boîtes par an en moyenne pour un garçon âgé de 10-18 ans à 111 boîtes pour une femme âgée de plus de 79 ans. En volume, le paracétamol reste la molécule la plus remboursée (avec 430 millions de boîtes financées sur l’année à près de 42,5 millions d’assurés) suivie par le colécalciférol (Uvedose®, vitamine D) avec 71,5 millions de boîtes vendues à 21,7 millions de patients.

En termes de coût, pour l’assurance maladie, les 20 médicaments les plus coûteux (pour un total de près de 8Mds€ sur l’année, concernent avant tout des médicaments innovants destinés à des pathologies lourdes (maladies cardiaques, prévention de l’AVC et de la DMLA, cancers). Conséquence de la diffusion de ces médicaments innovants et onéreux, la part prise en charge par l’AMO a progressé de près de 7 points sur la dernière décennie pour atteindre 87,6% en juin 2025. Et ce taux dépasse même les 90% pour les médicaments prescrits à l’hôpital et délivrés en ville. Au total, les médicaments dont le coût unitaire dépasse les 50€ représentent 3% des volumes mais 68% des dépenses remboursées, tandis que les médicaments dont le coût unitaire est inférieur à 5€ représentent 75% des volumes mais 10% des remboursements.

Sur la décennie 2015-2025, l’Assurance maladie enregistre une croissance très significative des dépenses concernant une classe de médicaments anticancéreux (les antinéoplasiques) dont le montant remboursé atteint 3,35Mds€ (en hausse de 400% en 10 ans) et les immunosupresseurs concernant les maladies auto-immunes dont le coût (3,04Mds€) a doublé sur la période. Si la dépense liée aux médicaments antidiabétiques (+38%) et celle concernant les thérapies anti-cholestérol (+ 21%) augmente encore, l’arrivée des génériques et les baisses de prix ont contenu leur croissance, tout comme celle des médicaments anti-hypertension qui ne font plus partie de ce classement. Au total, l’ensemble des traitements anticancéreux représentent 7,1Mds€ de dépenses nettes (en hausse de 11,5% sur l’année) sous l’effet à la fois de la croissance du nombre de patients pris en charge et de l’essor des nouvelles thérapies ciblées et personnalisées.



Les traitements innovants (représentant une amélioration du service médical rendu (SMR) majeure, importante ou modérée) représentent une part toujours plus importante des médicaments remboursés par l’AMO (10,7Mds€), en progression de 34% depuis 2017. De leur côté, les remboursements de médicaments à SMR faible et ceux à SMR inexistant se sont respectivement accrus de 54,3% et 15,1% sur la période.