L’IGAS et l’IGF ont publié, le 11 juin 2026, leur rapport sur les prescriptions médicales, réalisées en ville et à l’hôpital, lesquelles ont représenté un total de 81Mds€ en 2024, en hausse de 28,5% entre 2019 et 2024.
Ces prescriptions recouvrent tout à la fois les produits de santé, les actes de soins (biologie médicale, séance de kinésithérapie par exemple), les transports sanitaires et les indemnités journalières (IJ) liées aux arrêts de travail. Les dépenses les plus dynamiques concernent ceux de la liste en sus concernant des médicaments et dispositifs innovants et souvent onéreux pris en charge en dehors des budgets hospitaliers (+76%), les IJ (+38%) et les transports sanitaires (+34%). Les évolutions des dépenses liées aux actes paramédicaux, aux dispositifs médicaux et aux médicaments en ville sont plus faibles sur cette période (respectivement +26 %, +24 % et +16 %). Concernant les prescriptions concernant la liste en sus, la hausse est avant tout tirée par certains médicaments onéreux dont le service rendu est majoritairement modéré (dans 72% des cas), relèvent les auteurs du rapport en appelant à une gestion plus dynamique de cette liste, laquelle devrait être, selon eux, resserrée sur sa mission première concernant les médicaments innovants et onéreux.
Parmi les principaux leviers de régulation, la mission préconise d’étendre le périmètre des « prescriptions renforcées », autrement dit soumis à des demandes d’accord préalables, d’interdire aux médecins, convaincus de pratiques atypiques, de refuser leur mise sous objectif et d’élargir les contrôles de l’assurance maladie aux kinésithérapeutes, habilités désormais à prescrire par eux-mêmes. Elle suggère surtout de généraliser l’ordonnance numérique comme support unique et traçable de prescription. La mission recommande enfin d’explorer l’intégration de certaines dépenses de prescription à des forfaits de prise en charge, en les adossant à une régulation en proximité permettant d’en améliorer l’efficience.
Ces propositions aboutissent à identifier un potentiel d’économies compris entre 0,8 et 1,4 Md€, qui ne pourra être atteint qu’à moyen terme car il repose sur une évolution des comportements, précise le rapport. «Les actions sur la prescription restant globalement contraintes par le principe de liberté de prescription en vigueur en France, l’absence d’indication thérapeutique sur la prescription, et à leur acceptabilité pour les professionnels», le potentiel d’économies résultant des dernières revues de dépenses ne dépasse pas 400M€, ajoutent les rapporteurs, soit très loin des 3Mds€ de baisses espérés.




