Plus de 20% des jeunes de moins de 30 ans en arrêt pour troubles psycho-sociaux en 2024

Publié le 06 juillet 2026


La mission sénatoriale d’information consacrée à la souffrance psychique au travail a auditionné, le 3 juillet 2026, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.

Lors de cette audition, le ministre du travail a reconnu une dégradation préoccupante de la santé mentale des actifs tout en plaidant en faveur d’un renforcement de la prévention dans les entreprises. Ainsi, les indemnités journalières (IJ) versées à des personnes consommant des psychotropes ont progressé de 8 % par an entre 2015 et 2021, avec une accélération de 20 % entre 2019 et 2020, a indiqué Jean-Pierre Farandou. Dans le même temps, les affections psychiques ont augmenté de 26 % en 2024, tandis que 22 % des salariés de moins de 30 ans ont déjà été arrêtés pour des troubles psychologiques, soit une progression de 6 points par rapport à 2019. Les causes de cette dégradation sont multiples, a-t-il ajouté, en citant pêle-mêle les restructurations et changements de métier ou de lieu de travail, les plans sociaux, les conflits interpersonnels, le harcèlement, le « management toxique », la surcharge de travail et l’épuisement professionnel.

Pour le ministre du Travail, « la prévention primaire doit constituer une priorité » et « la souffrance psychique être traitée comme un risque professionnel à part entière». Pour ce faire, le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) constitue « l’instrument fondamental dans lequel tous les risques doivent être évalués, y compris les risques psychosociaux ». L’objectif est que la santé mentale en devienne «presque un chapitre imposé». A condition que ces DUERP soient correctement alimentés. A cet égard, une sanction administrative a été introduite pour les entreprises n’en disposant pas, a rappelé le ministre du Travail en avançant l’idée que ces dernières pourraient être mises en demeure de se mettre en conformité et que l’inspection du travail pourrait s’assurer qu’une véritable évaluation des risques liés à la santé mentale y figure.

De son côté, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) a été chargée de formuler des recommandations  en vue d’instaurer «des espaces collectifs de discussion sur le travail en lien avec les représentants du personnel», sur la base des accords d’entreprise ayant instauré de telles instances. Enfin, le ministre du Travail a rappelé qu’environ 500 établissements avaient été accompagnés dans un parcours incluant la promotion de premiers secours en santé mentale proposés par l’Assurance maladie. Ces dispositifs devraient, selon lui, être davantage déployés. De leur côté, les médecins du travail devraient, a-t-il ajouté, renforcer leur écoute, détecter les premiers signes de souffrance et orienter rapidement les salariés vers une prise en charge appropriée. «Plus les salariés seront détectés tôt, mieux on sera en capacité de les aider à trouver un parcours de soins », a-t-il conclu.