Conditions de travail : des progrès visibles, mais des fragilités persistantes pour certains salariés

Publié le 10 septembre 2026


La Dares a publié, le 9 septembre 2026, une nouvelle édition de son enquête « Conditions de travail et risques psychosociaux ». Si plusieurs indicateurs témoignent d'une amélioration du vécu au travail depuis 2016, l'étude met également en lumière des disparités marquées, notamment pour les employés peu qualifiés et sur la question du maintien en emploi jusqu'à la retraite.

Pour la première fois depuis le début des mesures dans les années 1980, l'intensité du travail recule. La part des salariés exposés à au moins trois contraintes de rythme a ainsi diminué de 43 % à 38 % entre 2016 et 2024. Cet allègement concerne la plupart des catégories professionnelles, et en particulier les ouvriers peu qualifiés. La pression temporelle se réduit également. Les salariés déclarent moins souvent devoir se dépêcher, subir une surcharge de travail ou répondre à des exigences immédiates. Les cadres apparaissent parmi les principaux bénéficiaires de cette évolution, notamment grâce au développement du télétravail depuis la crise sanitaire.

Au-delà du rythme de travail, l'enquête révèle une amélioration des rapports sociaux dans les organisations. Les tensions avec la hiérarchie diminuent sensiblement et les salariés déclarent davantage bénéficier de la confiance et du soutien de leurs managers. Les situations d'isolement professionnel reculent également tandis que l'autonomie au travail progresse : le manque d'autonomie organisationnelle a ainsi reculé de trois points entre 2016 et 2024. En parallèle, les possibilités de développer ses compétences augmentent dans la plupart des catégories socioprofessionnelles. L'enquête met également en évidence un rapport plus positif au travail. En 2024, 82 % des salariés déclarent éprouver souvent ou toujours la fierté du travail bien fait, soit dix points de plus qu'en 2016. Le sentiment d'utilité sociale progresse lui aussi. Enfin, les salariés sont également moins nombreux qu'en 2016 à s’estimer mal rémunérés au vu du travail accompli ou à juger insuffisantes leurs perspectives de carrière.

Malgré ces évolutions favorables, la pénibilité physique demeure une réalité importante. En 2024, quatre salariés sur dix sont encore exposés à au moins trois contraintes physiques telles que le port de charges lourdes, les postures pénibles ou les mouvements répétitifs. Une proportion globalement stable depuis 2016. En outre, la situation de certaines catégories se dégrade et notamment celle des employés qualifiés et peu qualifiés, dont l'exposition aux contraintes physiques augmente sur la période. Pour ces catégories, l'intensité du travail s’accroît, l'autonomie recule et les comportements hostiles sont davantage signalés. Ils sont également plus nombreux à déclarer devoir se dépêcher ou faire face à une charge de travail excessive.

Des inégalités importantes persistent face aux risques psychosociaux. Surtout, la part des salariés qui ne se sentent pas capables d'exercer le même métier jusqu'à la retraite atteint 41 %, contre 38 % en 2016. Sans surprise ce ressenti est particulièrement significatif parmi les employés peu qualifiés.