La Drees a publié, le 23 septembre 2025, une étude sur l’évolution entre 2019 et 2023 des primes moyennes acquittées au titre des contrats collectifs et individuels de complémentaire santé.
La cotisation d’un contrat collectif (parts patronale et salariale confondues) s’établit, en moyenne, à 74€ en 2023, en hausse de 8% en moyenne depuis 2021 (contre +3% entre 2019 et 2021). Cette accélération tarifaire peut s’expliquer par «un contexte général d’inflation et par un effet à retardement de la réforme du 100% santé», reconnaît la Drees. A titre indicatif, la prime moyenne d’un contrat individuel varie de 36€ pour un assuré âgé de 20 ans (+9% depuis 2021) à 142€ pour un senior de 85 ans et plus (-1%).
En termes de garanties, celles offertes par les contrats collectifs demeurent nettement supérieures à celles des contrats individuels. Ainsi, en 2023, «quatre bénéficiaires d’un contrat individuel sur dix ne disposent d’aucune prise en charge des dépassements d’honoraires pour une consultation dans le parcours de soins de spécialiste adhérent à l’Optam, contre un seul sur dix en collectif, tandis que la garantie d’un bénéficiaire de contrat collectif s’élève à 50€ contre 26€ en individuel. De plus, trois bénéficiaires d’un contrat individuel sur dix ne disposent d’aucune prise en charge de la pharmacie à 15 %, contre un sur dix en collectif», observe la Drees.
Le mode de tarification des enfants ayants-droits varie également selon la nature des contrats : si 55% des contrats collectifs appliquent un forfait famille dès le 1er enfant et quel que soit le nombre d’enfants à charge (contre 60% en 2019), avec des nuances toutefois selon la nature des organismes complémentaires : 68% des institutions de prévoyance (IP) pratiquent ce forfait famille en 2023 contre 51% de ceux proposés par les mutuelles et seulement 40% des contrats vendus par les entreprises d’assurance.
Cette tarification au forfait est marginale s’agissant des contrats individuels. A contrario 73% de ces derniers offrent une couverture gratuite à partir du 2e, 3e ou 4e enfant.
Si la tarification à l’âge est généralisée à 99% pour les contrats individuels proposés par les sociétés d’assurance et dans une moindre mesure par les mutuelles (92%), ce n’est le cas que de 82% de ceux des IP, du fait de l’encadrement tarifaire des contrats prévu par l’article 4 de la loi Evin de 1989 durant les 3 premières années suivant le départ en retraite.
La tarification des contrats en santé en fonction des revenus reste encore largement minoritaire tant pour les contrats collectifs (20%) que pour les contrats individuels (11%). Dans le cas des couvertures souscrites par les particuliers, la tarification en fonction du lieu de résidence progresse : elle concerne désormais 60% de l’ensemble des contrats individuels en 2023 (contre 54% en 2019) : si elle est pratiquée par au moins 85% des société d’assurance depuis 2019, c’est essentiellement parmi les IP que ce mode de tarification a progressé de 55% en 2019 à 66% en 2023. Il en est de même, dans une moindre mesure, pour les mutuelles (de 39% en 2019 à 42% en 2023).



