Complémentaires santé: si le résultat technique se redresse en 2024, les contrats collectifs restent déficitaires

Publié le 17 décembre 2025


La Drees a publié, le 17 décembre 2025, son rapport annuel sur la situation financière des organismes complémentaires d’assurance maladie (OCAM) portant sur leur activité en 2024.

En hausse de 8,2% et de 3,4Mds€, les primes encaissées au titre des couvertures de complémentaire santé (46,5Mds€) ont progressé de façon très dynamique en 2024, à un rythme supérieur à celui de 2023 (lire KPS du 19 décembre 2024).   La croissance du chiffre d’affaires est particulièrement rapide chez les entreprises d’assurance où elle atteint12,3% (hors bascule du portefeuille de La Mutuelle générale vers l’entreprise d’assurance LMG Assurances), contre +6,4% pour les mutuelles et seulement +4,1% pour les institutions de prévoyance (IP).



Conséquence, les entreprises d’assurance renforcent encore de 2 points leur part de marché sur la complémentaire santé qui atteint désormais 39% au détriment de celle des mutuelles (44%), tandis que les IP préservent la leur (17%).



Avec 23,7Mds€ engrangés, le volume des cotisations collectées via les contrats collectifs, s’est accru de 9,5% (+2,1Mds€) en 2024, ce qui permet aux contrats collectifs d’accroître leur part de marché vis-à-vis des contrats individuels (22,8Mds€) dont les primes n’ont progressé que de 6,8% (+1,5Md€). Les contrats collectifs représentent ainsi désormais 51% du marché de la complémentaire santé contre 44% en 2015 à la veille de la généralisation de la complémentaire santé des salariés.



Dans le même temps, les prestations santé remboursées par les complémentaires ont augmenté à un rythme un peu moins soutenu qu’en 2023 (à +5,4% contre +6,4%) pour atteindre 36,8Mds€. Cette croissance a principalement été tirée, l’an dernier, par les dépenses de soins ambulatoires (soins et prothèses dentaires, honoraires de médecins et sages-femmes, etc.), qui ont connu une augmentation marquée (+8,6 %). Les remboursements de soins hospitaliers ont évolué à un rythme moindre (+5,2 %). A contrario, la hausse des prises en charge de biens médicaux (médicaments, optique, audioprothèses et autres dispositifs médicaux) s’est ralentie à +3,5 % en 2024. Comme l’an dernier, l’augmentation des prestations servies a été la plus forte dans les entreprises d’assurance (+11,1% hors effet Mutuelle générale) tandis que celles des mutuelles et des IP ne progressaient respectivement que de 2,8% et 1,3%.

Les prestations des contrats collectifs (+6,6%) ont crû plus rapidement que celles des contrats individuels en 2024 (+4,1 %), comme sur la période 2012 à 2022.

En 2024, les Ocam ont reversé, en moyenne et comme en 2023, 81% des cotisations encaissées sous forme de prestations. Les contrats collectifs apparaissent toujours plus avantageux, avec un taux de redistribution égal à 83% contre 79% pour les contrats individuels, même si l’écart se resserre par rapport à l’année précédente. Les institutions de prévoyance font encore mieux, avec un taux moyen de restitution égal à 86%, du fait de leur prédominance sur les contrats collectifs, mais aussi en raison de leur spécialisation sur les contrats de branche, plus économes en frais de gestion. En termes de fiscalité, les OCAM ont été mises à contribution en 2024 à hauteur de 6,5Mds€, via la taxe de solidarité additionnelle (6,1Mds€) et le forfait patientèle médecin traitant (400M€), soit un taux moyen de taxation de 14,1%.



En 2024, le résultat technique en santé des OCAM s’est redressé et est redevenu globalement positif de 752M€ (+1,6% des cotisations), là où l’an dernier l’exercice s’était soldé par un déficit de 850M€. Ce résultat global masque toutefois des résultats contrastés selon la nature des contrats : ainsi, comme chaque année depuis 2011, les contrats collectifs ont dégagé un résultat négatif de 474M€ (en amélioration toutefois de 376M€ par rapport à 2023). A contrario, l’excédent des contrats individuels (1,226Md€) s’est accru de 85% en un an. Du fait de la composition variable de leur portefeuille, les institutions de prévoyance affichent le résultat technique le plus dégradé à -102M€ mais en amélioration de 142M€ par rapport à 2023. Les mutuelles reviennent dans le vert de 496M€, grâce au redressement de leurs contrats individuels (+800M€) tandis que, de leur côté, les entreprises d’assurance triplent en un an leur excédent à 357M€ (contre 112M€ en 2023) se réduire de moitié en un an.



Le niveau de solvabilité des OCAM demeure sensiblement supérieur aux exigences réglementaires, avec un taux de couverture moyen de leur SCR en complémentaire santé de 230% (-7 points en un an). Celui-ci varie entre 225% pour les assureurs privés (-8 points), 244% pour les institutions de prévoyance (+ 3 points) et 269% pour les mutuelles (-1point).

Avec 373 organismes référencés en 2024 contre 388 en 2023, le marché de la complémentaire santé s’est enfin encore concentré l’an dernier entrainant la disparition de 23 mutuelles supplémentaires et d’une entreprise d’assurance. Les 20 premiers groupes ont ainsi collecté 58% de l’ensemble des cotisations.