AVC: une PPL se propose de renforcer la prévention en entreprise

Publié le 09 avril 2026


Les députés ont adopté, à l’unanimité le 8 avril 2026 en séance plénière, la proposition de loi visant à accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire dont l’ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder, est le rapporteur.

Au vu du «fardeau humain, social et économique considérable » que représente les maladies cardio-vasculaires et du coût induit par ces pathologies (4,5Mds€ par an), la PPL entend compléter et renforcer les politiques de prévention existantes.  Pour ce faire, le texte vise déjà à «intégrer de manière obligatoire la sensibilisation au dépistage des maladies cardio‑neuro‑vasculaires et de leurs principaux facteurs de risque (hypertension artérielle, diabète et cholestérol) dans les dispositifs existants, afin de favoriser un repérage plus précoce et un meilleur suivi tout au long de la vie ». Au niveau professionnel, la PPL prévoyait initialement l’organisation, une fois par an, d’une action de sensibilisation et de prévention spécifiquement liée aux facteurs de risque cardiovasculaire au bénéfice des salariés. Une proposition qui, selon elle, s’inscrit «dans une démarche non médicalisée, complémentaire des obligations générales de prévention de l’employeur». Le lieu de travail devient ainsi, conclut-elle, «un levier de diffusion de la prévention, agissant sur les modes de vie, l’information et la responsabilisation individuelle, sans alourdir la charge pesant sur la médecine du travail».

Au cours du débat parlementaire, cette obligation annuelle à la charge des entreprises a été supprimée pour être confiée aux services de prévention et de santé au travail. Ces actions pourront aussi être menées en lien avec différents acteurs, à commencer par les organismes de complémentaire santé.

La sensibilisation à ces facteurs de risque devra être obligatoirement intégrée à la visite médicale de mi-carrière organisée à 45 ans. Ce rendez-vous «constitue une opportunité privilégiée pour le médecin du travail d’identifier les risques individuels et d’orienter le salarié vers une prise en charge adaptée », estime l’exposé des motifs de l’amendement adopté en ce sens.

De même, l’acte de dépistage de l’hypertension est étendu aux pharmaciens et aux kinésithérapeutes.

Enfin, la PPL prévoit de «systématiser» ce dépistage lors des rendez-vous de prévention réalisés à certains âges de la vie pour notamment tenir compte des risques spécifiques associés à la grossesse ou à la ménopause chez les femmes.