Prévention et action sociale: plus de 600M€ mobilisés par les OCAM, selon la mission Rist

Publié le 24 septembre 2026


Dans le cadre du rapport« Refonder l’articulation entre Assurance maladie obligatoire (AMO) et complémentaires santé », publié le 23 septembre 2026, la mission Rist a conduit une enquête flash auprès des organismes complémentaires afin d’évaluer leur contribution aux actions de prévention en santé.

Cette enquête dont les résultats sont publiés en annexe 4, a été conduite auprès de 15 organismes de tailles diverses représentant 20 millions d’assurés, proposant des contrats santé majoritairement individuels (à 59%). A partir des réponses de ces organismes, la mission estime plus de 600M€ les dépenses annuelles consacrées par les organismes complémentaires aux actions de prévention et d’accompagnement. Ce montant représente toutefois des réalités très diverses selon les organismes interrogés, certains intégrant dans leur déclaration des dépenses d’action sociale ou d’accompagnement, tandis que d’autres adoptent une définition plus restrictive de la prévention. Cette absence de référentiel commun conduit d’ailleurs la mission à proposer la création d’une nomenclature commune afin d’améliorer le suivi des investissements ainsi réalisés.

Concernant les actions de prévention déclarées, l’immense majorité (96%) concernent des actions de prévention primaire. Comme l’illustre le schéma ci-dessous, 3 postes de dépenses ressortent prioritairement : la prévention dentaire (176M€), les consultations de professionnels non remboursés par l’assurance maladie et en particulier d’ostéopathies (190M€) et les consultations de psychologues (82M€).



Les autres postes concernés représentent des montants beaucoup plus modestes, à l’instar des consultations de diététiciens (14M€), les vaccinations (8M€), les dépistages (5,7M€) ou encore les entretiens bilans avec les assurés sur des plates-formes d’écoute (7,2M€). Seuls 3,2M€ ont été consacrés aux séances de sensibilisation sur site, tandis que l’accompagnement des salariés en arrêt de travail n’a été financé qu’à hauteur de 2,4M€. De façon générale, la mission regrette que la prévention en milieu professionnel n’apparaisse que de manière résiduelle dans les résultats alors même que les initiatives sont nombreuses. Cette sous-représentation peut toutefois s’expliquer par le fait qu’une partie importante de ces dispositifs est financée au titre de la prévoyance et non de la complémentaire santé.

S’agissant des prestations financées dan le cadre du degré élevé de solidarité, les réponses portant sur 22 branches, mettent en exergue «une utilisation partielle des fonds» et «une grande diversité» des actions proposées.  Dans une partie des branches, « le dispositif semble très peu ou pas mobilisé », souligne la mission. Dans d’autres branches, » les dépenses sont essentiellement affectées à des dépenses d’action sociale (notamment le remboursement de restes à charges en santé, mais aussi le financement de gardes d’enfants, d’aides à la naissance, etc.), ou au financement des cotisations des apprentis». Au final, «seules quelques branches (5 parmi les 22) semblent avoir structuré une offre de services en prévention en santé plus significative, avec des services de coaching en santé, du dépistage ou des actions de sensibilisations, de l’activité sportive ou des aides aux aidants, voire de la prévention des TMS ou des actions d’accompagnement au retour à l’emploi».