Biologie médicale: un accord encadre les dépenses pour 2027-2029

Publié le 03 novembre 2026


L’Assurance Maladie, l’Union nationale des organismes complémentaires d’assurance maladie (UNOCAM) et les quatre syndicats représentatifs des laboratoires de biologie médicale ont signé, le 2 novembre 2026, un protocole d’accord définissant les conditions d’évolution des dépenses de biologie médicale pour la période 2027-2029.

Selon le communiqué de l’Assurance maladie, cet accord s’inscrit dans un contexte de progression soutenue de l’activité du secteur. En 2026, les dépenses couvertes par le précédent protocole devraient atteindre près de 3,9Mds€. Les signataires ont ainsi souhaité fixer un cadre pluriannuel conciliant maîtrise des dépenses, soutien à l’innovation et renforcement du rôle des biologistes médicaux dans les politiques de santé publique.

Le texte prévoit une progression annuelle de 1,1 % de l’enveloppe consacrée aux actes courants de biologie médicale dans un contexte où la croissance naturelle de l'activité est plutôt estimée entre 3 % et 3,5 % par an, sous l'effet du vieillissement de la population et de l'augmentation des maladies chroniques. Un comité de suivi sera chargé de veiller au respect de cette trajectoire et pourra, le cas échéant, proposer des ajustements tarifaires (baisses de prix) afin de maintenir les dépenses dans les limites fixées.

L’accord consacre également une enveloppe de 100M€ sur trois ans au financement d’actes innovants. Cette mesure vise notamment à favoriser l’accès des patients à de nouvelles technologies diagnostiques en facilitant leur intégration dans le droit commun. Les missions de santé publique confiées aux biologistes médicaux sont par ailleurs renforcées. Le protocole prévoit l’extension des financements dédiés à certaines actions de prévention (telles que la vaccination), de dépistage (notamment des cancers) et de suivi des pathologies chroniques (maladies rénales et diabète en particulier). Les actes liés à l’assistance médicale à la procréation (AMP) bénéficieront également de revalorisations tarifaires.

Dans le même temps, les signataires s’engagent à développer les actions de maîtrise médicalisée afin de limiter les actes jugés inutiles ou inappropriés. Ces mesures devraient permettre de générer au moins 30M€ d’économies en 2027, puis 10M€ supplémentaires par an sur la période suivante.

Au-delà de ce protocole financier, les partenaires ont annoncé l’ouverture prochaine de négociations conventionnelles destinées à faire évoluer le cadre régissant les relations entre l’Assurance Maladie et les biologistes médicaux. L’objectif est d’accompagner les transformations du métier et de renforcer la contribution de la biologie médicale aux enjeux de prévention, de dépistage et de suivi des maladies chroniques.

Dans un avis du 30 octobre 2026, l’Unocam a décidé de signer ce protocole, fruit, selon elle, «d’un compromis avec la profession devant permettre à titre principal de favoriser un « juste » recours à la réalisation des actes de biologie médicale, tout en préservant une évolution soutenable des dépenses, tant pour l’Assurance maladie obligatoire que pour les complémentaires santé».

Les quatre syndicats représentatifs des laboratoires de biologie médicale signataires sont Les Biologistes Médicaux, le Syndicat des biologistes, le Syndicat National des Médecins Biologistes et le Syndicat des Laboratoires de Biologie Clinique.