Le courtier Verlingue, filiale du Groupe Adelaïde, a publié, le 4 novembre 2026, la 10e édition de son baromètre de l’absentéisme, portant sur le premier semestre 2026.
Au premier semestre 2026, le taux d’absentéisme atteint 6 %, contre 5,9 % un an plus tôt et 5,5 % au premier semestre 2024. Cela représente une hausse de 2 % en un an et de 9 % en deux ans (lire KPS du 7 mai 2026). Dans le même temps, la proportion de salariés ayant connu au moins un arrêt de travail recule à 29,2 %, soit une baisse de 6 % sur un an. Cette augmentation du taux s’explique donc principalement par l’allongement des arrêts. Leur durée moyenne atteint 19,9 jours, en progression de 5 % sur un an, tandis que les salariés absents enregistrent en moyenne 1,59 arrêt contre 1,53 un an auparavant.
L’étude souligne des disparités importantes selon le sexe, l’âge et la catégorie professionnelle. Les femmes demeurent les plus exposées, avec un taux d’absentéisme de 7,6 %, contre 4,6 % pour les hommes. Plus de quatre salariées sur dix (42,4 %) ont connu au moins un arrêt de travail au cours de la période étudiée.
Par catégorie professionnelle, les employés affichent un taux de 7,7 %, en hausse de 5% sur un an. Les cadres enregistrent également une augmentation, avec un taux atteignant 2,9 %, portée notamment par la progression de la durée moyenne des arrêts. À l’inverse, le taux demeure stable chez les ouvriers à 7,7 %.
La hausse concerne essentiellement les salariés de moins de 45 ans. Au-delà de cet âge, les taux tendent à se stabiliser, voire à diminuer légèrement. Les femmes employées de moins de 45 ans particulièrement touchées dont le taux d’absentéisme atteint 9,1 %, en hausse de 8 % sur un an. Ces salariées sont fortement représentées dans des secteurs comme la santé, le commerce, les sciences de la vie ou encore les services, contribuant ainsi aux niveaux élevés observés dans certaines branches d’activité.
Comme lors des précédentes éditions du baromètre, la dégradation des indicateurs est principalement liée à la progression des arrêts de longue durée. Les arrêts de 31 jours et plus représentent désormais 73 % des jours d’absence, contre 71 % au premier semestre 2025. L’exposition à ces arrêts longs continue également d’augmenter, passant de 6,42 % des salariés au premier semestre 2024 à 7,05 % deux ans plus tard. Cette progression concerne principalement les salariés de moins de 40 ans et s’avère particulièrement marquée chez les moins de 30 ans. Pour les arrêts supérieurs à 60 jours, les risques psychosociaux (RPS) et les troubles musculosquelettiques (TMS) apparaissent comme les deux premières causes identifiées. Ils représentent respectivement 28 % et 24 % des pathologies recensées et donnent lieu à des durées moyennes particulièrement élevées, de 195 et 209 jours.
Les écarts sectoriels restent importants. Le secteur de la santé affiche le taux d’absentéisme le plus élevé à 8,5 %, devant l’agroalimentaire (6,8 %), les transports (6,5 %) et le commerce (6,2 %). À l’opposé, les sciences de la vie enregistrent un taux de 4,5 %, en recul de 8 % sur un an. Les transports et l’industrie affichent également une amélioration, avec une baisse respective de 5 % et 2 %. Si l’exposition aux arrêts diminue dans l’ensemble des secteurs, la durée moyenne des absences continue partout de progresser. Cette aggravation est particulièrement marquée dans le BTP (+13 %) et les services (+9 %).
Conséquence directe de cet allongement des arrêts, le coût du maintien de salaire a encore augmenté au premier semestre 2026 de 4 % par rapport à la même période de l’année précédente. Au-delà de cette charge directe, Verlingue rappelle que les coûts indirects liés aux remplacements, à la désorganisation des équipes ou encore aux pertes de productivité peuvent représenter deux à quatre fois le coût du maintien de salaire. Pour le courtier, ces résultats confirment la nécessité pour les entreprises de renforcer les démarches de prévention, notamment auprès des populations les plus exposées et sur les facteurs à l’origine des arrêts de longue durée.




