Franchises, IJ, ALD: Catherine Vautrin détaille les pistes d’économies de l’assurance maladie

Publié le 28 juillet 2025


Dix jours après les annonces de François Bayrou pour contenir la dette publique (lire KPS du 24 juillet 2025), la ministre de la Santé et du travail, Catherine Vautrin, a détaillé dans une interview publiée dans le Monde du 26 juillet 2025, les pistes du gouvernement en vue d’économiser 5,5Mds€ sur les dépenses prises en charge par l’assurance maladie.

En vue de «responsabiliser les assurés», le gouvernement souhaite ainsi «doubler le plafond des franchises médicales (appliquées sur les boîtes de médicament, les actes paramédicaux et les transports sanitaires) et des participations forfaitaires (appliquées sur les consultations, les examens radiologiques et les analyses de biologie), a indiqué la ministre de la Santé et du Travail. Jusque-là, ce plafond était fixé à 50€ par an et par assuré. Le montant de ces franchises et de ces participations forfaitaires sera en parallèle «augmenté», a-t-elle précisé, sachant que ce montant avait déjà été doublé en 2024 (lire KPS du 15 mai 2024 et du 29 février 2024). En outre, les franchises appliquées sur les boîtes de médicament, seront également «payées au comptoir» (en pharmacie) au lieu de faire l’objet d’un prélèvement ultérieur illisible pour les assurés, a précisé Catherine Vautrin.

S’agissant du dispositif de prise en charge spécifique aux 13 millions de patients atteints d’une affection de longue durée (ALD), la ministre annonce vouloir « supprimer le système de l’ALD non exonérante». Ce dispositif qui concerne notamment les patients victimes de TMS, leur permet de bénéficier d’un arrêt de travail pouvant aller jusqu’à 3 ans sans pour autant que leurs soins soient pris en charge à 100% par l’assurance maladie. «Le maintien du remboursement à 100 % des cures thermales et des médicaments dont le service médical rendu est faible pour les patients en ALD» sera également «interrogé», a ajouté Catherine Vautrin.

S’agissant des arrêts maladie, «la question d’un transfert de la prise en charge des arrêts maladie, jusqu’au septième jour, à l’employeur, est à l’étude et doit faire l’objet de discussions avec les partenaires sociaux», a annoncé la ministre de la Santé et du Travail. Dans cette hypothèse, a-t-elle poursuivi, «les entreprises seraient amenées à prendre le relais sur cette période supplémentaire de carence, du quatrième au septième jour». A propos de la prescription de ces arrêts, la ministre souhaite «limiter tout premier arrêt de travail prescrit en médecine de ville à quinze jours à 15 jours et à un mois en sortie d’hospitalisation».

La ministre souhaite également limiter «le nomadisme médical» en rendant obligatoire pour tous les médecins l’alimentation du dossier médical partagé tout en améliorant le suivi, grâce à l’intelligence artificielle, de l’utilisation des dispositifs médicaux prescrits.

L’ensemble de ces pistes d’économies doit permettre de ramener l’augmentation de l’Ondam en 2026 à un «niveau inférieur à 2%», à comparer avec la hausse de 3,4% actée dans la LFSS pour 2025.

Pour générer des recettes supplémentaires, Catherine Vautrin compte sur l’augmentation du nombre de personnes en emploi. La ministre espère aussi « ouvrir dès l’automne une réflexion collective sur le financement du système de protection sociale» avec cette question en arrière-plan : «Certaines branches comme l’assurance maladie, l’autonomie et la famille doivent-elles continuer d’être financées exclusivement par le travail ?»