Maîtrise des IJ : le gouvernement détaille sa stratégie d’accompagnement

Publié le 10 avril 2026


Le gouvernement a présenté, le 9 avril 2026, sa nouvelle stratégie pour réduire le coût des arrêts maladie en hausse continue depuis 2019, conformément aux annonces faites par le Premier ministre, Sébastien Lecornu fin mars (lire KPS du 30 mars 2026).

En 2025, les dépenses d’indemnités journalières (IJ) se sont élevées à 17,9Mds€, selon le ministère de la Santé, en hausse de 10% en un an et de 50% depuis 2019. Les pouvoirs publics et l’Assurance maladie ont certes déjà déployé de nombreuses mesures depuis 2022 visant à contenir le coût de ces arrêts de travail que ce soit pour accompagner les prescriptions des médecins et limiter celles effectuées en ligne, mais aussi pour sensibiliser les entreprises affichant un taux d’absentéisme atypique ou encore réduire, depuis le 1er avril 2025, le plafond de salaire pris en compte pour le calcul des IJ et alourdir les sanctions à l’encontre des fraudeurs. Sans compter celles adoptées dans le cadre de la LFSS pour 2026 et du projet de loi de lutte contre la fraude qui devraient entrer en vigueur cette année.

Si ces mesures ont déjà produit ou s’apprêtent à produire des effets, le gouvernement les a jugées insuffisantes pour infléchir une dynamique qu’il juge « pas soutenable».



En conséquence, l’Assurance maladie se propose d’abord de démultiplier ses accompagnements en direction des professionnels de santé en leur facilitant l’accès aux durées indicatives d’arrêt de travail par pathologie recommandées par la Haute Autorité de Santé. Le dispositif SOS IJ permettant aux médecins d’obtenir un conseil rapide et personnalisé sur les cas complexes d’arrêt de travail sera généralisé à l’ensemble du territoire à partir de juin.

Vis-à-vis des assurés, la CNAM prévoit d’organiser 740000 contrôles (+6% en un an) qui porteront notamment sur les arrêts de plus de 18 mois, les arrêts AT-MP de plus de 3 ans ainsi que les arrêts prescrits en téléconsultation, les arrêts cours et répétitifs ainsi que ceux issus d’un « nomadisme médical ». Le gouvernement souhaite ainsi développer des parcours de santé de réadaptation et de réhabilitation spécifiques à ces troubles musculosquelettiques et psychiques entraînant des arrêts de longue durée, avec une action graduée dès 60 jours d’arrêt. De plus, un décret sera pris d’ici l’automne pour sanctionner les assurés qui effectuent du nomadisme pour abuser des arrêts de travail.

En parallèle, la CNAM souhaite reconduire sa campagne d’accompagnement des entreprises présentant un absentéisme atypique par rapport à leur taille et leur secteur d’activité afin de les inciter à s’engager dans une démarche d’amélioration. En 2024 et 2025, le suivi de près de 1000 entreprises de plus de 200 salariés présentant un taux d’absentéisme supérieur à 50% par rapport à la moyenne des entreprises du secteur a permis de générer près de 30M€ d’économies selon la CNAM. En outre, un espace dédié à l’information des employeurs est mis en ligne sur le site du ministère du Travail tandis que «d’ici la fin de l’année, ces derniers pourront signaler une situation d’arrêt de travail qu’ils jugent anormale », précise le dossier de presse.

Enfin, le gouvernement invite les partenaires sociaux à se saisir en mai du sujet dans le cadre de la conférence travail, emploi, retraites, en vue de « renforcer la prévention et la santé au travail », «anticiper et faciliter les reprises de travail », « favoriser la conciliation entre les temps de soin et le maintien en emploi » et «mieux responsabiliser les acteurs au sein des entreprises »…